Prédication du culte du 1.3.2009 à St.Paul Trois Châteaux
(Lc9-1)
culte à St Paul Trois Châteaux, du 1er. mars 2009.
Luc 9, 1 - 17
Frères et soeurs,
J'aimerais vous dire trois choses ce matin. La première va vous sembler une évidence, mais il faut sans cesse y revenir et approfondir cette vérité biblique, à savoir que nous vivons dans un monde dérangé.
On ne peut pas comprendre la portée des Ecrits bibliques si on néglige le fait que nous ne vivons pas dans le monde tel que Dieu voulait qu'il fonctionne.
Il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a une anomalie. Je le répète, c'est une évidence. Mais quand les choses sont trop évidentes on fait parfois l'économie de voir au fond ce qu'elles signifient. Tout le monde peut constater que le monde ne tourne pas rond, que quelque chose ne va pas d'aplomb. Mais si hélas, tout le monde peut se rendre compte de cette évidence, tout le monde ne tire pas les conséquences de ce fait. Dire que le monde ne tourne pas comme il devrait suppose que l'on soit clair sur la manière dont le monde devrait marcher.
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Rappelez-vous : le monde a été créé parfait avec tout ce qu'il faut pour une vie normale, en particulier la nourriture nécessaire donnée.
Et puis rappelez-vous, il y a eu l'irruption dans le monde, de la souffrance, du mensonge et de la mort. Et nous vivons désormais dans un monde où l'activité humaine est pénible, les relations compliquées et marquées par l'injustice, où la maladie et la mort existent.
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Il y a deux manières de vivre dans ce monde. Soit on va considérer que ce qui se passe est normal. Dans ce cas, on cherche à bien comprendre les règles du jeu pour se conformer à la norme de fonctionnement du monde. Et une fois qu'on connaît bien les règles, on cherche à tirer au mieux son épingle du jeu. Soit - c'est la deuxième manière de vivre dans le monde - on considère que ce qui se passe n'est pas normal. Une autre norme existe, plus importante et on cherche à conformer sa vie à cette autre normalité.
La Bible tout entière nous parle bien sûr de cette autre normalité, celle d'un monde bon et beau, voulu par Dieu. L'apôtre Paul en particulier nous exhorte à ne pas nous conformer au siècle présent.
Beaucoup de gens disent : si Dieu existait, il n'y aurait pas tant de souffrances. Il ne faut pas oublier que selon la Bible, Dieu est le premier à souffrir lui-même de de qui se passe sur la terre. En Genèse 6, nous lisons que « Dieu s'est repenti d'avoir créé l'humanité sur la terre et en fut affligé dans son coeur » (6,6). Et puis le sens général de l'histoire biblique est de nous montrer comment Dieu est descendu lui-même dans l'arène pour combattre son ennemi : le mal et la mort. La Bible nous annonce sa victoire finale, la seconde mort : la mort de la mort : « la mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu. C'est la seconde mort, l'étang de feu » (Apoc 20,14)
L'histoire biblique est l'histoire de cette intervention en personne, de Dieu dans le monde pour le restaurer pour le réparer. Dieu ne veut pas détruire le monde, Dieu veut le sauver. Ce monde est sa création, il l'aime, il s'est lié à lui d'une manière intangible.
Ce que je viens de vous dire jusqu'ici peut vous paraître assez loin du texte biblique que nous avons lu, il n'en est rien, comme nous allons le voir maintenant.
La deuxième chose que je voudrais vous dire ce matin, c'est que Dieu n'agit pas seul. Dans cette entreprise de restauration, de réparation, Dieu agit avec les hommes. Nos faibles forces sont sollicitées par Dieu. Pour nous montrer à quel point nos forces humaines sont importantes et précieuses pour lui, Dieu est devenu un homme en prenant chair en Jésus. Comment on montre aux gens qu'on les aime ? : en allant chez eux. Mère Térésa a montré aux gens des bidonvilles qu'elle les aimait en vivant avec eux, le Dr Schweitzer a fait pareil au Gabon. C'est Jésus qui a ouvert la route à tous ces gens
Alors bien sûr, avant ce grand voyage sur la terre, Dieu avait préparé les choses avec le peuple d'Israël, un peuple choisi pour préparer l'humanité à le recevoir.
En Jésus, Dieu est venu vivre chez nous, comme l'un de nous, partageant notre faiblesse, nos limites et notre sort. Pourtant, dans le sillage de Jésus, le projet de Dieu se montre clairement : partout des guérisons, des pardons, des paroles positives, des encouragements, des nourritures partagées.
Mais Dieu n'agit pas seul, Jésus n'agit pas seul. Puisque le mal et la mort trouvent dans l'humanité tant de soutien actif, il faut que nous devenions des serviteurs actifs de la vie. Alors pour son oeuvre de réparation, Jésus embauche ses disciples. Il les envoie « chasser les mauvais esprits, prêcher le Royaume de Dieu et guérir les malades. Il les envoie nourrir les foules affamées. »
Et ça marche ! « les disciples partirent, ils passaient dans tous les villages, annonçaient la bonne nouvelle et guérissaient partout les malades ».
Oh ! Ils n'ont pas été bien accueillis partout, ils ont dû, selon le conseil de Jésus, secouer la poussière de leurs pieds de temps en temps, mais, même là, ils ont fait ce que Jésus leur disait de faire. Toutes ces choses sont liées entre elles : la juste perception que Dieu veut réparer ce monde et guérir ses plaies, et la véritable obéissance des disciples qui doivent se mettre en route et la réalisation de ce que Jésus annonce.
Dieu ne veut pas intervenir dans le monde sans qu'il y ait une obéissance à sa Parole de la part des disciples.
Je ne vous parlerai pas aujourd'hui des miracles faits par les disciples et qui peuvent certainement nous surprendre : ce sera pour dimanche prochain.
La vie chrétienne, ce n'est pas faire de la philosophie, c'est obéir à Dieu, à sa Parole.
En obéissant au commandement de Jésus les disciples ont pu faire des choses pour lesquelles ils ne se pensaient pas aptes jusque là : enseigner et guérir.
Et malgré les succès qu'ils ont rencontrés, lorsqu'un peu plus tard, Jésus qui a enseigné et guéri une foule nombreuse de 5.000 hommes, leur demande « donnez leur vous-mêmes à manger ». Nous les voyons hésiter à obéir : « nous n'avons que cinq pains et deux poissons ». c'est bien insuffisant pour tout ce monde. Pourtant ils les donnent à Jésus.
Ce récit montre que dans la foi, il y a des hauts et des bas. Et que parfois peut-être, il nous est plus facile d'obéir dans les grandes choses que dans les petites.
« Nous n'avons que cinq pains et deux poissons »
Jésus ne répond pas directement à l'objection, mais il demande à ses disciples de faire asseoir la foule en groupe de 50 environ. Et les disciples obéirent. Et c'est cette obéissance qui permet la restauration de la foule.
Ce n'est pas avec leurs forces, leurs ressources, leurs capacités, que les disciples ont nourri la foule. De la même manière, ce n'est pas avec nos compétences physiques, morales ou spirituelles que Dieu fait des miracles, c'est avec notre obéissance. Ce ne sont pas les disciples qui ont multiplié les pains, c'est Jésus. Mais dans la tâche modeste qui était la leur à cet instant, il fallait qu'ils obéissent. Il fallait qu'ils donnent leurs cinq pains et leurs deux poissons. Il fallait qu'il rangent les gens en rangées de 50 personnes et il fallait qu'ils distribuent le pain que leur donnait Jésus.
En obéissant ainsi à des ordres simples, ils ont permis une nourriture sur-surabondante. Jésus a voulu que les disciples portent la nourriture à chacun dans la foule. De la même manière aujourd'hui, si nous voulons que des gens soient relevés, consolés, soutenus, cela passe par notre obéissance et notre service auprès de chacun.
Il y a là pour nous une indication : ne regardons jamais d'abord à la tâche demandée, mais regardons à Celui qui la demande et la tâche à accomplir se fera tel que notre Seigneur le veut, même avec nos très faibles moyens. Que la tâche soit grande ou modeste, quand c'est Jésus qui l'ordonne, elle est à notre portée.
Obéissons à la Parole de Jésus, c'est le seul moyen de rentrer dans un plan immense de restauration du monde.
Jésus a nourri 5.000 personnes qui avaient faim avec l'obéissance de 12 disciples qui n'avaient à eux 12, que 5 pains et 2 poissons. 12 personnes qui obéissent à un tout petit ordre de Jésus et cela a suffi pour cette journée.
Non seulement Jésus a rassasié 5.000 personnes, mais après le festin, il reste encore 12 corbeilles remplies de pain en trop.
Il y a là deux autres indications pour nous :
- La première, c'est que Jésus est venu vraiment réparer notre monde et il a les ressources plus que suffisantes pour les besoins réels de notre monde. Ayons confiance en Lui pour les besoins actuels de notre monde.
- La seconde, c'est qu'au début du repas, y avait 12 disciples démunis sans rien dans leur poche et largement dépassés par les besoins de la foule, et à la fin, il y avait 12 corbeilles remplies de pain. Une qui servait de signe pour chacun d'eux.
Ces 12 corbeilles sont la prédication muette de Jésus à ses disciples : Vous voyez, vous n'avez rien, vous ne pouvez pas suffire, mais si vous m'obéissez, votre obéissance à chacun me permettra de répondre aux besoins concrets des gens et même au delà.
Chers frères et soeurs, nous devons aujourd'hui vraiment renouveler notre engagement à obéir à notre Dieu pour la santé et la vigueur du monde afin d'accomplir son oeuvre de restauration dans cette génération et dans notre société. L'Eglise de Jésus, ce sont des disciples résolument décidés à obéir dans les petites choses, comme dans les grandes.
Amen !