Prédication du dimanche 22 août 2010 à Valréas

Publié le par E.R.F. - Valréas - Saint Paul Troix Châteaux

Prédication du dimanche 22 août 2010 à Valréas

Monsieur Casalis

Luc 13, 22-30

 

Le jugement dernier

 

Dans cet épisode, Jésus donne des précisions sur ce qu'on appelle le « jugement dernier ». C'était une croyance des Juifs de son époque, qu'il a confirmée, que les apôtres ont repris et que nous continuons à affirmer lorsque, souvent, au cours du culte, nous redisons : Il (Jésus Christ) viendra de là (du Ciel, d'auprès de Dieu) pour juger les vivants et les morts.

Aujourd'hui, nous sommes dans une période de l'histoire de l'humanité dont la principale caractéristique est un combat entre le mal et le bien. Le mal, c'est ce que les humains sont et font quand ils ne veulent plus croire à l'amour et à l'autorité sur eux du vrai Dieu …. quand ils veulent vivre et faire leur bonheur selon leurs seuls désirs humains … quand, dans leur soif de confort, de richesses matérielles, de pouvoir et d'être considérés comme importants par les autres, ils se détruisent les uns les autres. Le mal, c'est le vivre par moi-même et vivre pour moi-même … moi et mes désirs d'abord et tant pis pour eux si d'autres en souffrent et en meurent. Et le bien … qui lutte contre ce mal, c'est croire qu'il y a un Dieu qui nous aimes, qui a autorité sur nous et qui nous dit comment vivre pour être heureux … qui nous apprend à vivre selon sa volonté pour nous … qui nous rend solidaires les uns des autres … qui nous fait serviteurs les uns des autres … Moi aimé de Dieu, moi sous sa direction, moi à son service et au service de mes frères et sœurs humains.

La période de l'histoire de l'humanité que nous vivons aujourd'hui est le temps d'un combat, un combat mené par Dieu pour que, dans nos vies et celle des autres humains, le mal, ce mal là recule et que le bien, ce bien là progresse. Une période de l'histoire où le centre, le cœur de ce combat a été la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

La croyance juive et la nôtre, c'est qu'un jour ce combat se terminera par la victoire totale et définitive de Dieu et du bien et par l'élimination totale et définitive du mal. La période du combat prendra fin et une autre période commencera pour une humanité débarrassée du mal.

Un jour, Jésus reviendra sur terre pour un jugement, une crise par laquelle, dans laquelle le mal sera détruit, éliminé afin que ne reste, pour un monde nouveau, que le bien … [En Grec, krisis signifie jugement.]

Dans ce passage de l'Evangile de Luc, Jésus compare le monde nouveau à un grand festin offert à ses amis par un maître de maison … Il compare le jugement, la crise, avec le fait d'entrer ou de ne pas pouvoir entrer, de ne pas être accepté dans la salle du festin. Et il donne quelques précisions.

Première précision : à la question « n'y aura-t-il que peu de gens qui seront sauvés ? », Jésus répond « oui; la porte d'entrée sera étroite … oui, beaucoup risquent de ne pas pouvoir y passer … et donc à vous de faire un effort pour passer par cette petite porte ».

Deuxième précision : certains à qui l'on aura refusé l'entrée au festin s'étonneront de ce refus. « Nous te connaissons et tu nous connais; nous avons vécu ensemble. Alors, pourquoi nous laisses-tu dehors ? » Et le maître leur expliquera « vous vous trompez de critère. Pour entrer, il ne suffit pas de me connaître. Le ticket d'entrée c'est « faire le bien ». Ceux qui n'ont pas « fait le bien », en réalité, je ne les connais pas. Je les rejette loin de moi et de mon festin. »

Troisième précision : si, dans la salle du festin, dans ce monde heureux d'après la crise, il y aura tous les combattants avec Dieu pour le bien du peuple de Dieu … alors que d'autres membres du peuple de Dieu souffriront d'être jetés dehors … il y aura aussi, reçus au festin, des hommes et des femmes venus d'ailleurs, de partout sur la terre, non membres du peuple de Dieu et dont on ne pensait pas qu'ils y seraient.

Le jugement dernier … la grande crise par laquelle Dieu éliminera le mal de l'humanité … jugera et détruira ceux qui auront fait le mal pour ne garder, dans un monde transformé, pour une nouvelle période de l'histoire que ceux qui auront, dans la première période, fait le bien … combattu avec Dieu pour que le bien triomphe du mal.

Devant cette annonce du jugement dernier, nous ne pouvons que nous demander : et nous, où serons-nous ? Et moi, où serai-je ? Dans la salle du festin après être entré par la porte étroite pour un plus grand bonheur ou resté dehors, refusé, rejeté et détruit ?

Une question à laquelle nous ne pouvons répondre qu'en tenant compte aussi de tous les autres aspects du message de Jésus et de la foi chrétienne. Une question à laquelle je ne vois qu'une réponse. En réalité, nous sommes .. je suis en même temps celui qui reste dehors et celui qui entre dedans. Pour une part de ma personnalité et de ma vie, par ma nature d'enfant d'Adam, révolté contre Dieu et frère de Caïn, le meurtrier de son frère, je suis encore celui qui est mauvais et qui fait le mal, qui sera rejeté et détruit. Mais je suis aussi et déjà, avec et par Jésus Christ, par une autre partie de ma personnalité et de ma vie, je suis déjà celui qui est bon et qui fait le bien.

On peut dire – et l'Evangile de Jean le redit souvent – on peut dire qu'en réalité le jugement dernier … mon jugement a déjà commencé … est déjà à l'œuvre. Avec et par Jésus, je suis aujourd'hui déjà rejeté, laissé dehors, condamné parce que mauvais et faisant le mal et détruit. Mais aussi, avec Jésus et par Jésus, je suis déjà recréé pour devenir bon et faire le bien et pour entrer dans la salle du festin.

Aujourd'hui, nous vivons déjà la crise, mais une crise à revivre sans cesse … à revivre chaque jour … une crise qu'on pourrait dire partielle et provisoire.

Aussi c'est avec joie que nous attendons la crise totale et définitive, ce jour où Jésus reviendra pour la crise finale … celle où le mal qui est en nous et dans nos vies sera totalement et définitivement rejeté … laissé dehors ... détruit pour que nous ne soyons plus que le moi nouveau recrée par Dieu … définitivement et totalement bon, définitivement et totalement faisant le bien et entré, reçu au festin du maître de maison

Ce que Jésus nous dit du jugement dernier, il ne le dit pas pour que nous regardions autour de nous et que nous nous disions : tiens, celui-ci fait le bien et entrera au festin ou tiens, celui-là fait le mal et sera rejeté et détruit. Ce que Jésus nous dit, il nous le dit pour nous faire réfléchir sur nous-mêmes et notre vie … pour nous faire redécouvrir que, sans lui, nous ne serions que jetés dehors et détruits, nous faire redécouvrir qu'avec lui et par lui, nous pouvons être déjà aujourd'hui à la fois condamnés et détruits en tant que ceux qui font le mal et à la fois recréés pour devenir ceux qui font le bien et peuvent entrer dans le Royaume de Dieu.

Une crise, un jugement déjà en cours de réalisation même s'il n'est aujourd'hui que partiel et provisoire … un jugement déjà aujourd'hui dans l'espoir et l'attente du jugement définitif ... dernier … de la crise dernière qui fera de nous, définitivement des hommes et des femmes à l'image de Christ, totalement bons et faisant le bien, heureux de vivre un monde nouveau, une humanité nouvelle toute entière foi et amour.

Publié dans Prédications

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