Predication du dimanche 11 septembre 2011 à Grillon

Publié le par E.R.F. - Valréas - Saint Paul Troix Châteaux

 La fleur des champs (Lc12,22-31)

 

 

Frères et sœurs,

 

Nous nous rappelons aujourd'hui avec le monde entier que plus de 2000 personnes sont mortes il y a dix ans dans les attentats contre les Twin Tower à New York.

 

Cet attentat a entraîné des morts plus nombreux encore dans les événements qui ont suivi en Afghanistan, en Irak, en Israël.

 

Si on remonte de quelques dizaines d'années sur notre propre sol et notre continent européen, les victimes civiles et militaires s'élèvent à plus de  64 millions de morts. Dans le bloc soviétique et en différents pays d'Asie, on évalue à plus de 50 millions de morts ceux qui ont été sacrifiés pour faire avancer la cause communiste.

 

Ces meurtres de masse ont tous comme cause la volonté d'arriver au paradis, soit au ciel pour les communistes, soit au ciel pour les terroristes islamiques.

 

Dans l'histoire humaine, c'est presque toujours la recherche d'un avenir meilleur qui a conduit les grandes séquences meurtrières, une société plus juste, un espace vital plus grand, de meilleures terres ou des ressources assurées.

 

A cela il faut ajouter que de nombreuses rancunes individuelles ou nationalistes se nourrissent d'un passé mal digéré. Des conflits interpersonnels ou nationaux naissent d'une soif de représailles, pour venger un honneur bafoué, réparer une injustice subie dans la violence, vider une querelle dont le venin s'est longtemps répandu dans le corps social et dans les pensées.

 

Les êtres humains fabriquent ainsi leur malheur en se trompant de priorité. Chaque fois que nous fixons notre attention, nos pensées en insistant sur le passé ou sur l'avenir, nous commettons une erreur.

 

Jésus nous demande de nous concentrer sur le présent : ne vous inquiétez pas pour le passé, ne vous inquiétez pas pour le lendemain : regardez les corbeaux, regardez la fleur des champs.

 

Je n'ai pas essayé de venir ce matin ici avec un corbeau, mais je suis venu avec un bouquet de fleurs des champs. Regardez-le ! Regardez-le non pas parce que je vous le dis, mais c'est Jésus lui-même qui nous demande de le contempler et de le méditer.

 

Si vous regardez votre passé : vous y trouverez des regrets, des culpabilités et des motifs de colère. Pas seulement cela j'espère, mais cela aussi, or rien de bon ne pousse sur ce terrain. Votre passé est un paysage mort. Vouloir y vivre est une chimère irréaliste. Le pardon de Dieu peut nous libérer complètement et totalement de notre nostalgie ou de la tyrannie du passé.

 

Si vous regardez votre avenir, vous y trouverez de la peur, de l'anxiété, des attentes et des espoirs. Rien non plus ne pousse sur ce terrain-là, ce futur qui tient une telle place dans nos pensées ne verra jamais le jour, en tout cas il ne vient jamais comme on l'a imaginé.

 

Le passé ne revient jamais et le futur se présente toujours sous une autre forme que ce que l'on avait prévu et pourtant, nous continuons d'être obsédés par ce qui est arrivé et par ce qui risque d'arriver. Nous devons changer absolument notre manière de vivre.

 

L'important n'est pas le passé. L'important n'est pas l'avenir. L'important c'est maintenant.

 

Et ce qu'il y a d'important maintenant, c'est de rechercher le Royaume de Dieu, tout le reste vous sera donné en plus.

 

Le corbeau ne sème ni n'accumule. Il n'a pas peur de manquer. La fleur des champs ne se soucie pas de sa parure, elle n’a pas même peur de sa mort prochaine.

 

Le corbeau et la fleur des champs assument entièrement leur condition de créatures de Dieu, ils font spontanément sur la terre exactement ce pour quoi Dieu les a préparés et rien ne les empêche d'être ce qu'ils sont. Ils sont tout entiers dans le moment présent. C'est cela la pointe de ce que nous enseigne Jésus avec ces deux images du corbeau et de la fleur des champs.

 

Nous les êtres humains, nous ne faisons pas spontanément ce pour quoi Dieu nous a créés. Spontanément nous cherchons notre vie ailleurs soit dans notre passé, soit dans notre avenir.

 

A l'école du Christ, nous devons apprendre ce que le corbeau ou la fleur des champs savent faire spontanément, nous devons apprendre à chaque instant de notre vie à rechercher le Royaume de Dieu. Nous ne savons pas le faire spontanément, nous devons l'apprendre, nous devons nous y exercer.

 

La vie chrétienne, c'est à dire la vraie vie, la vie réconciliée avec son origine et sa fin, la vie éternelle, la vie du Royaume de Dieu consiste à rechercher à chaque instant, à rechercher en cet instant la présence de notre Dieu, de son règne, de sa justice.

 

Voilà ce à quoi nous devons nous appliquer de tout notre cœur, de toutes nos pensées, de toutes nos forces. Nos vies s'en porteront mieux, le monde s'en portera mieux, le corps du Christ s'en portera mieux.

 

Le corbeau n'essaie pas de manger comme une mésange. La fleur des champs ne cherche pas à se déguiser en autre chose que ce qu'elle est. Le corbeau n'a aucun regret, pas plus que la petite fleur. Ils ne se tourmentent pas pour être autre chose que ce qu'ils sont. Ils sont l'un et l'autre heureux d'être ce qu'ils sont, heureux d'être ce que Dieu a voulu qu'ils fussent. Ils ne sont pas jaloux d'une autre vie. La leur est parfaite. Le corbeau est aussi parfait que l'aigle et la fleur des champs aussi achevée et parfaite que la fleur la plus sophistiquée.

 

La joie de la fleur des champs n'est pas d'être bleue ou jaune si elle est jaune, la joie de la fleur des champs est d'être tout simplement telle que Dieu l'a voulue.

 

La fleur des champs est aussi indifférente à la longueur de sa vie. Que lui importe qu'elle vive une heure ou une journée ou une saison ? Elle vit ce que Dieu a prévu pour elle. Et Dieu qui a pris soin de la peindre pour son séjour sur terre, ne l'oublie pas, ne méprise pas la brièveté de sa vie. La fleur sait que ses jours sont dans la main éternelle de Dieu et que rien n'est plus important.

 

Ce que n'importe quel oiseau sait sur la terre, ce que la plus modeste fleur connaît naturellement, il nous faut l'apprendre chaque jour, à chaque instant jusqu'à ce que cela devienne notre seconde nature, notre nouvelle nature, notre vie nouvelle.

 

Ce que je viens de vous dire à propos de notre existence à chacun, la vôtre comme la mienne, s'applique également à la vie de notre Eglise : nous aimerions tous une Eglise plus forte, plus nombreuse, un peu plus riche, un peu plus jeune, soucieuse des démunis. Toutes ces choses sont justes et bonnes, mais nous ne devons pas rechercher ces choses en elles-mêmes, pour elles-mêmes. Nous ne devons pas les rechercher comme des accomplissements à réussir, comme des possessions à réaliser, comme des gains à réunir, comme des trophées à brandir.

 

Notre Père sait ce dont nous avons besoin. Nous pouvons être joyeux d'avoir un tel Père céleste. Notre Père sait ce dont nous avons besoin et nous pouvons nous mettre à son écoute pour apprendre ce dont nous avons réellement besoin et qui n'est peut-être pas ce que nous pensons par nous-mêmes.

 

Nous pouvons être joyeux d'être ce que nous sommes, c'est à dire des enfants de Dieu bénis, sauvés pour l'éternité, pardonnés, nous pouvons être joyeux, d'une joie communicative  qui fera sens pour les plus pauvres, les plus jeunes, ceux qui en ont besoin, ceux que le Christ a déjà préparés.

 

L'inquiétude et la négativité ne produisent que des ronces et des épines.

 

Essayons la joie ! Elle nous est donnée dans la lumière du Royaume !

 

Vous avez un Père qui sait ce dont vous avez besoin. Recherchez d'abord le Royaume de Dieu et le reste vous sera donné de surcroît.

 

Amen !

 

 

 

 

Publié dans Prédications

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