Prédication des 13 et 14 octobre 2012 à St Paul et Valréas

Publié le par E.R.F. - Valréas - Saint Paul Troix Châteaux

 

culte à St Paul du 13 octobre 2012 et à Valréas du 14 octobre 2012

 

Je crois en Jésus le Christ

 

Frères et sœurs,

 

La semaine dernière nous avons parlé de Jésus qui désormais est le révélateur du Père et dont le nom comme la personne devient le chemin par lequel Dieu vient à notre rencontre.

 

Nous avons vu l'audace du Credo, mais qui est le reflet de l'audace des Écritures qui présentent ainsi la foi en Dieu le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre et la foi en Jésus, un être humain qui a vécu une vie brève à un moment de l'histoire dans un pays précis.

 

D'un côté ce qu'il y a de plus grand, de plus universel, de plus insaisissable et d'un autre côté ce qu'il y a de plus singulier, de plus personnel.

 

Et aujourd'hui, après le nom de Jésus proclamé si haut et si fort comme semblable à Dieu, nous poursuivons notre lecture du Credo avec ce mot : « Christ ».

 

Le Christ, c'est avant tout un titre et une fonction. Le mot Christ est la traduction du mot hébreu Meshia que l'on prononce Messie qui est un mot qui appartient à la vie du peuple hébreu. Il y aura un autre synonyme que je donnerai tout à l'heure.

 

Confesser la foi en Jésus le Christ, c'est donc reconnaître le détour nécessaire par l'histoire juive pour comprendre qui est le Christ et toutes les réalités et les promesses qui s'attachent dans l'histoire du peuple d'Israël au Messie.

 

On ne peut rien savoir du Christ si l'on ignore tout ce qui le concerne dans l'Ancien Testament. Ce mot nous renvoie à l'attente d'Israël.

 

Trop souvent dans l'histoire de l'Église on a voulu se passer des Écritures de l'Ancien Testament. Or ce tout petit mot : « Christ » nous oblige à scruter dans les Écritures pour savoir ce qu'est le Christ.

 

Le Christ ou le Messie est avant tout celui qui est choisi par Dieu et envoyé par lui. Il est choisi et envoyé pour représenter Dieu.

 

Il y a surtout plusieurs exemples de Messie ou de Christ dans l'Ancien Testament, la première est le roi. Le roi est le Messie de Dieu. Un autre mot qui désigne le Messie de Dieu est le mot oint. Le Messie, c'est celui qui a reçu l'onction. L'oint du Seigneur, c'est celui qui a reçu une mission et qui est envoyé auprès du peuple pour remplir une charge de lieutenant. Quand David est caché au fond de la grotte de Ein-Guedi au moment où le roi Saül vient s'isoler et tandis que les hommes de David pressent celui-ci d'en profiter pour le tuer, David dit : « Je ne porterai pas la main sur lui car il est le Messie du Seigneur ». (1 Samuel 24,7)

 

De même le Grand-Prêtre qui reçoit lui aussi une onction d'huile au moment de son intronisation est appelé parfois Messie.

 

D'autres hommes sont aussi désignés parfois comme « Messie » : ce sont les prophètes. Ils sont eux aussi envoyés par Dieu auprès du peuple d'Israël pour représenter Dieu. Elie reçoit la mission de oindre Elisée pour que celui-ci poursuive sa mission.

 

Un dernier exemple de Messie est le roi de Perse Cyrus qui, en entrant vainqueur à Babylone, va permettre le retour des exilés juifs dans leur terre d'origine pour rebâtir le temple et la ville de Jérusalem. Cyrus est un païen mais le prophète Esaïe le désigne comme le Messie du Seigneur, son serviteur, lui aussi envoyé pour accomplir une mission de la part de Dieu en faveur de son peuple.

 

Qu'il soit roi, prêtre, prophète, homme providentiel, le Messie est un homme choisi par Dieu et envoyé pour aider le peuple d'Israël à purifier sa vie, à régénérer la vie spirituelle d'Israël pour que le peuple soit plus fidèle, plus consacré, plus au service de Dieu.

 

Les siècles passant, les rois, les prêtres, les prophètes, tous ces messies n'ont pas réussi à ramener au Seigneur un peuple obéissant, pur, fidèle.

 

C'est alors que naît chez Esaïe, Jérémie, Joël et quelques prophètes tardifs l'attente non plus d'un Messie qui exerce un mandat terrestre, mais l'idée d'un Messie qui viendra exercer une royauté divine, il viendra au terme de l'histoire rétablir la justice et la paix.

 

Le Messie et l'attente du Messie se focalisent alors comme une intervention ultime de Dieu pour remettre son peuple dans le droit chemin, le libérer de l'infamie, éradiquer le péché, restaurer les conditions de vie d'un peuple libre.

 

Le prophète Ésaïe va révéler un nouvel aspect du Messie que désormais tous attendent. Dans les chapitres 10, 11 et surtout 53, Ésaïe développe une idée originale. Pour lui, le Messie ne viendra pas dans la gloire. Il viendra pour être rejeté. Il est envoyé par Dieu pour être rejeté. Pour Ésaïe, le Messie va apporter le salut en mourant. Il apporte le pardon en étant lui-même condamné. Il apporte la libération en étant lui-même calomnié.

 

Un nouveau saut est franchi avec Jean-Baptiste. La prédication de Jean-Baptiste annonce le Messie, il vient pour juger non seulement son peuple, mais l'humanité : il a son van à la main. L'annonce de sa venue doit provoquer la repentance et des fruits dignes de cette venue du Messie.

 

Son auditoire est composé de juifs de toutes sortes et de toutes conditions, de collaborateurs et de romains païens qui veulent changer de vie.

 

Dans les Évangiles, on voit Jésus refuser le titre de Messie, sauf à la fin, devant le Sanhédrin, c'est au moment où il semble le plus loin de pouvoir revendiquer ce titre, qu'en réalité il l'assume, montrant par là, que c'est dans la voie du serviteur souffrant décrite par Ésaïe qu'il s'inscrit.

 

S'il y a un mot qui résume toute l'attente d'Israël concernant le Messie, c'est le mot : paix. La paix dans les cœurs, la paix dans les relations. La paix malgré nos erreurs, nos échecs.

 

Mais l'instauration du règne de la paix ne se fera pas par la force, mais par le don, l'humble service et le sacrifice de soi par le Christ.

 

Le mot hébreu pour dire paix est un mot très riche, c'est le mot Shalom. Le Shalom de Dieu, c'est la paix, mais aussi la justice, mais aussi la prospérité pour tous.

 

Les journaux ne cessent d'accumuler les mauvaises nouvelles pour démentir cette paix. Mais parmi toutes les mauvaises nouvelles, il y en a une qui est une bonne nouvelle, c'est que nous pouvons recevoir la paix du Christ, la recevoir en nous laissant nous-même réconcilier avec la vie, avec Dieu, avec le monde.

 

La méthode du Christ a consisté à s'anéantir lui-même pour nous donner sa paix. Mais cette méthode a sur nous une conséquence immédiate, elle nous vivifie, elle nous assure d'un amour sans mesure, d'un pardon total, la méthode du Christ nous relève pour faire de nous une nouvelle créature.

 

Amen !

 

 

 

Publié dans Prédications

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