Prédication du 17 mai 2009 à Saint-Paul Trois Châteaux

Publié le par E.R.F. - Valréas - Saint Paul Troix Châteaux

(Eph3-1b)

Culte à St Paul du 17 mai 2009

 

Frères et soeurs,

 

Il y a toujours deux faces à une pièce. Je vous propose de voir comment Paul, auteur présumé de l'épître, dans ce passage nous présente les deux faces de sa vie, du plan de Dieu, et de la vie de l'Eglise.

 

Dans sa vie, les deux faces sont présentées dès les premiers mots : « C'est pourquoi moi, Paul, le prisonnier de Jésus Christ pour vous, les païens ... »

 

La première face, c'est que Paul est prisonnier dans une geôle. On sait en effet que l'apôtre Paul a été prisonnier, en particulier à la fin de sa vie. Etre prisonnier n'est pas une réalité enviable, c'est souvent le prélude à une triste issue.

 

Cela, c'est le premier aspect de la réalité. Le second aspect, l'autre coté de la réalité, c'est que Paul se présente comme prisonnier du Christ et il ajoute : pour vous, les païens.

 

Paul est en prison, certes, mais l'autre aspect de la réalité de sa vie, c'est que même en prison, il continue de recevoir sa vie de la personne du Christ. Au moment où il dépend le plus des murs et geôliers qui le gardent, Paul dépend encore plus étroitement du Christ.

 

Ce ne sont pas ses ennemis qui ont le dernier mot et le dernier pouvoir sur lui, c'est le Christ.

 

L'apôtre vit en lui, dans son existence, cette profonde unité qu'il a célébrée au chapitre précédent. Paul n'est pas un disciple de Jésus, qu'un accident de parcours aurait contraint à ne plus être disciple. Cette condition de prisonnier reste l'occasion de rendre gloire à Dieu.

 

Nous entrevoyons aisément ici, la puissance de la grâce de Dieu. C'est cette grâce qui transforme d'autres prisonniers en témoins du Christ. L'histoire de l'Eglise est remplie de gens infirmes, mourants, d'une pauvreté incommensurable, connaissant toutes sortes de fragilités et qui sont, dans tout cela, des témoins du Christ pour les autres.

 

Le premier côté de la pièce, c'est un homme enfermé, étroitement limité. L'autre côté c'est que cet homme, parce qu'il sait que le Christ est avec lui dans sa prison, vit une liberté et une puissance souveraine.

 

Le monde ne change pas avec des hommes riches, beaux, en bonne santé. Le monde change quand les plus pauvres, les plus enfermés, les plus limités, se mettent à vivre avec le Christ, pour les païens.

 

Heureux les pauvres disait Jésus, le Royaume des cieux est à eux. Jésus n'a pas fait que le dire de loin, il a vécu dans sa chair cette pauvreté grandissante.

 

Dans sa prison, Paul  n'est pas seul, le Christ vivant,  ressuscité est avec lui. Invisible, Jésus est aussi sur tout lit d'hôpital, tout fauteuil d'invalide, il se tient dans toute pauvreté, dans toute contrainte sociale, comme la réalité la plus forte, la plus libératrice, la plus décisive.

 

Paul se décrit comme le dernier des derniers parce qu'il a persécuté les disciples du Christ, donc le Christ lui-même,. Nous revenons sur la première face de la réalité. L'apôtre sait aussi qu'il est aussi le premier à annoncer l'Evangile aux païens. C'est l'autre aspect de la réalité.

Paul va poursuivre cette exploration de la réalité à deux faces lorsqu'un peu plus loin il écrit : « par révélation, j'ai eu connaissance du mystère …. ce mystère, Dieu ne l'a pas fait connaître aux hommes des générations passées comme il vient de le révéler maintenant par l'Esprit ... j'ai reçu cette grâce d'annoncer aux païens l'impénétrable richesse du Christ et de mettre en lumière comment Dieu réalise le mystère ».

 

Là aussi il y a deux côtés : le premier, c'est le mystère et le second, c'est la révélation, la mise en lumière du mystère.

 

Le plan de Dieu est d'abord caché, mystère. Il est caché dans ce monde. Jésus s'est écrié un jour : « je te loue Père de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents mais que tu les as révélées aux petits et aux simples ».

 

Dans l'Eglise, on parle parfois de mystères, mais ce qui est curieux, c'est que les croyants en parlent, par respect pour Dieu, certainement. Et c'est vrai que l'on ne comprend pas tout du Salut, de la vie nouvelle. Mais ce que l'on ne comprend pas encore ne doit pas prendre la place de tout ce que l'on peut déjà connaître. Nous savons l'essentiel sur le Salut, sur le plan de Dieu. Nous savons des choses qui étaient cachées depuis la fondation du monde. Nous avons appris pourquoi Dieu a créé le monde, comment il le rachète. Nous savons que Dieu a choisi les choses viles et méprisées pour confondre les nobles.

 

D'après Paul, c'est pour les incroyants qu'il y a mystère, secret, incompréhension et pour les croyants, le mystère du monde s'éclaircit, les secrets des plans de Dieu se dissipent, les ombres deviennent lumière. Ce qui était caché est révélé. Ce qui était incompréhensible devient intelligible.

 

Ce n'est pas à l'Eglise de cultiver le mystère de Dieu et le secret du monde dans un monde qui serait réputé évident et transparent. C'est au contraire à l'Eglise de grandir dans la connaissance et la lumière du Salut par l'Esprit Saint, dans un monde qui est opaque et pécheur.

 

Paul prisonnier du Christ pour nous, poursuit le développement de son exhortation : « ainsi désormais, les autorités et Pouvoirs dans les cieux, connaissent, grâce à l'Eglise, la sagesse multiple de Dieu, selon le projet éternel qu'il a accompli en Jésus Christ, notre Seigneur ».

 

Ici encore il  y a deux faces, deux côtés, deux aspects de la réalité : Paul est prisonnier, il écrit à des chrétiens qui  constituent une petite Eglise à Ephèse et nous qui sommes à St Paul Trois Châteaux, nous savons bien que d'un certain point de vue, l'Eglise est misérable. Elle l'était à Ephèse, elle l'est ici. Calvin parlait de la « pauvrette église ». Nos faiblesses nous font souffrir douloureusement. Mais ce sont des souffrances de riches comparées aux chrétiens persécutés dans le monde, dans de nombreux pays d'Asie ou certains pays musulmans. L'Eglise est souvent prisonnière, limitée, affaiblie. Mais cela encore, c'est le premier côté de la pièce. Le coté visible. Le revers, c'est que les Autorités et pouvoirs célestes connaissent grâce à cette Eglise, la sagesse multiple de Dieu.

 

L'Eglise du Christ sur la terre, n'est pas une réalité que Dieu méprise, au contraire. Lorsque dans sa faiblesse, l'Eglise du Christ, captive, limitée, faible, fait comme Paul l'expérience de sa vie avec le Christ, lorsqu'elle se laisse révéler et enseigner les mystères qui étaient cachés depuis la fondation du monde, lorsque l'Eglise vit ses joies et ses souffrances avec le Christ, alors les anges et autres puissances célestes sont édifiés et ils découvrent eux-mêmes le plan caché de Dieu, un plan caché que même les anges ignoraient.

Jésus disait qu'il y avait de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui changeait de vie. Calvin écrit : « l'Eglise est le miroir dans lequel les anges contemplent la sagesse admirable de Dieu, qu'ils ignoraient auparavant, car ils voient une oeuvre qui leur est nouvelle, dont la raison était cachée en Dieu ».

 

Dans notre vie personnelle et dans la vie de l'Eglise, il y a de la misère et de la lumière. L'Evangile, c'est quand la face lumineuse envahit la misère. Celle-ci ne disparait pas : Paul n'est pas sorti de sa prison, il n'a pas guéri de son écharde dans la chair, Jésus n'est pas descendu de la croix. Mais la misère la plus grande, sans disparaître, peut être éclairée par la lumière, alors, alors les païens dans le monde sont évangélisés, les anges dans le ciel se réjouissent et notre Père est glorifié !

 

Amen

 

 

Publié dans Prédications

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