Prédication - Dimanche 18 mai 2008

Publié le par E.R.F. - Valréas - Saint Paul Troix Châteaux

Frères et sœurs,

 

A travers les siècles, les hommes ont utilisé un grand nombre de symbole pour manifester qu’ils étaient chrétiens. Certains ont fixé des insignes au revers de leur veste. D’autres ont porté des chaînettes à leur cou, signe de reconnaissance ;  d’autres encore ont adopté un habit ou une coupure de cheveux particuliers.

 

Tout cela est bien, mais vous le savez, la laïcité ne s’accommode pas toujours des signes ostensibles d’appartenance religieuse. Mais il existe un signe qui dépasse tous les autres, un signe impossible à mettre dans sa poche. Il existe une marque qui ne devrait pas convenir pour une occasion particulière, une personne à l’exclusion des autres. Ce signe, cette marque est universel, destiné à durer pendant toute l’histoire de l’Eglise et du monde, jusqu’au retour de Jésus.

 

Cette marque distinctive, c’est l’amour.

 

« en effet, voici le message que vous avez entendu dès le commencement : aimons-nous les uns les autres »

 

et tous les versets suivants développent le thème de l’amour fraternel.

 

Je précise bien qu’il s’agit ici de l’amour fraternel, c’est à dire de l’amour qui doit être vécu dans l’Eglise de Jésus-Christ.

 

Dans d’autres passage, il nous est demandé d’aimer notre prochain comme nous-même. Le prochain, c’est tout être humain que l’on croise sur sa route. Le prochain et le frère ne sont pas toujours la même personne. L’apôtre Jean nous parle de l’amour fraternel. Mais Jésus dans l’Evangile nous parle aussi de l’amour du prochain. Il ne faut pas choisir entre ceux qui sont destinataires de l’amour. Mais il est important de voir comment ces deux formes de l’amour sont différents.

 

Tous les hommes portent en eux l’image de Dieu. Tous les hommes ont de la valeur parce que ce sont des être créés à l’image de Dieu. Chaque homme que nous croisons est notre prochain et nous sommes appelés à l’aimer comme nous-mêmes. Le prochain, ce peut-être celui qui a besoin de moi, ce peut être aussi, celui qui m’a aidé un jour. Le prochain surgit à l’improviste avec ses besoins, ses misères et ses grandeurs. Le prochain peut survenir dans ma vie comme une providence ou comme un gêneur, mais je dois l’aimer. C’est là, la signification en particulier de la parabole du Samaritain. L’amour du prochain, de l’étranger n’est pas une affaire facultative, ce n’est pas une affaire de sentiment, c’est un devoir, une obéissance dont la foi en Jésus créé la possibilité.

 

Mais parce que l’amour du prochain est un idéal difficile à atteindre, Dieu nous a donné l’Eglise, comme un lieu d’entraînement.

 

Dans l’Eglise non plus, je ne choisis pas mes frères et mes sœurs. Heureusement, c’est Dieu qui les a choisi et qui a fait de nous ses enfants, donc des frères et des sœurs !

 

Et dans ce passage de la première épître de Jean, l’apôtre insiste sur l’amour que nous devons avoir les uns pour les autres. L’amour du prochain est un amour unilatéral. Quand dans le monde on rend service à quelqu’un, quand on témoigne envers lui de l’amour demandé par le Christ, on ne le fait pas en vue d’un retour. On le fait à cause de Jésus qui nous a aimé le premier alors que l’on était encore pécheur.

 

Mais dans l’Eglise, l’amour n’est plus unilatéral, il est mutuel, réciproque. Nous apprenons à nous aimer : « aimez-vous les uns les autres ».

 

L’apôtre Jean sait que l’amour fraternel est difficile et a toujours été difficile. C’est pourquoi, il parle de haine, il parle de riche et de pauvre qui se ferment l’un à l’autre dans l’Eglise, il parle de belles déclarations sans suites concrètes. Il écrit sur tous ces sujets à des chrétiens. Nous savons bien aujourd’hui encore qu’aimer tel frère, telle sœur est difficile et parfois au dessus de nos forces.

 

Le grand enseignement du passage que nous venons de lire, est que l’amour n’est pas une affaire de politesse ou de gentillesse ou de bonne moralité.

 

L’amour qui doit nous caractériser dans l’Eglise, a un fondement divin, « voici comment nous savons ce que c’est que d’aimer : Jésus-Christ a donné sa vie pour nous. Nous devons nous aussi donner notre vie pour nos frères. »

 

Bien sur Jésus avait en lui une force infinie. Et bien sûr, nous, nous sommes limités. Bien sur, Jésus était sans péché et nous, nous ne sommes pas parfaits. Il n’en demeure pas moins, que l’amour de Jésus doit être notre fondement, notre modèle et notre aide.

 

Jésus a lui-même prévu qu’un jour : « à ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

 

Et bien, le monde nous regarde, même si souvent, il fait semblant de ne pas nous voir. Le monde regarde les chrétiens et le seul critère que le monde comprend clairement, ce n’est pas la justesse d’une sagesse ou d’une morale, ce n’est pas non plus la pertinence d’une doctrine ou d’un enseignement ou d’une étude biblique savante, la seule chose que le monde comprend, c’est l’amour. Et toute notre doctrine, notre sagesse, notre enseignement, nos études, dans l’Eglise, doivent nous aider à nous aimer mieux les uns les autres.

 

Quand on y pense, c’est effrayant. Jésus donne au monde païen, incrédule et lui permet de juger l’Eglise : « en vertu de mon autorité, je vous donne le droit de regarder si oui ou non telle personne est chrétienne en considérant si oui ou non elle aime tous les chrétiens. »

 

Finalement, l’amour chrétien n’est pas tout le temps un amour caché, discret, c’est un amour qui se rend visible, puisque le monde le voit et le juge.

 

Tant pis pour les acharnés de la laïcité radicale, mais l’amour est bien un signe ostensible d’appartenance au Christ !

 

Et lorsque les gens nous renvoient l’image de gens qui ne pratiquent pas l’amour fraternel, ils ne font qu’exercer une prérogative que Jésus leur a donnée. A ce moment là, qui est alors une heure critique pour nous, il nous faut encore lire le formidable verset 19 : « si notre  cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur »

 

Quand tu n’arrives pas à aimer ton frère, ta sœur, rappelle-toi que c’est normal, c’est prévu, tu n’es qu’un être faible, mais n’oublie pas que Dieu est plus grand que ton cœur. Repose-toi en Dieu, dépose-ton amertume, considère combien Dieu t’aime toi malgré tes imperfections et alors, comme la fer émoussé, ébréché est reforgé dans le feu et retrouve son tranchant, ton amour retrouvera les forces dont tu as besoin pour aimer tes frères et tes sœurs.

 

La prédication de l’Evangile aujourd’hui doit accorder une grande importance à l’amour fraternel. C’est une dimension essentielle du message du Christ. Notre amour doit avoir une forme visible pour tous. Il doit être tangible.

 

Amen !

 

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